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#1 27-01-2006 03:25:47

Verito la gringita
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2) Bolivie - "Ne pas mentir, ne pas voler et ne pas être feignant"

Hola Pedro,
Un petit message de Potosi, Bolivie ou je  passe un mois a travailler dans une agence de tourisme qui propose la visite des mines d'argent du fameux Cerro Rico. Potosi est une ville chargee d´histoire et symbolise parfaitement l´injustice si presente dans ce beau pays, au pied dúne des montagnes qui fut une des plus riches du monde et a permis lénrichissement dún bon nombre d´europeen, se trouve une des villes les plus pauvres d´Amerique latine.....
Evo va t il reussir a recuperer les richesses de son peuple ???La tache parait ardue mais le nouveau president parait decide....Le peuple est plein d´espoir, nul ne sait ce qui va se passer, Evo lui meme demande de l´aide pour nationaliser les ressources naturelles mais je souhaite que ce pays si attachant accede a un niveau de vie plus decent.
En tout cas ca bouge en Amerique du Sud , le peuple prend de plus en plus d´importance et avec l´election d´Evo les indigenes se sentent reconnus.Je  n´ai pas eu le plaisir dássister a la ceremonie symbolique et mystique de Tiwanaku mais il parait que c´etait tres emouvant...Evo a ete sacre President de tous les indigenes d´Amerique...J´ai par contre entendu son discours d´investiture durant lequel il a annonce sa devise : ne pas mentir, ne pas voler , ne pas etre faignant, celebre devise du peuple inca.Cet homme est tres touchant je trouve, il parle avec ses tripes et semble tellement decide a aider son peuple qu´on ne peut que lui souhaiter de reussir. Hier jái assiste a l´investiture du nouveau prefet de Potosi, toutes les communautes environnantes etaient presentes , en tenue traditionnelles , jouant de la musique et dansant, au milieu des differents drapeaux des aymaras , quechua....flottee la figure du Che....Ici le peuple prend le pouvoir...Ca donne envie de se bouger un peu plus en France ¡¡¡¡¡¡ Hasta luego. Vero

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#2 27-01-2006 06:11:14

Pierito
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Re: 2) Bolivie - "Ne pas mentir, ne pas voler et ne pas être feignant"

Salut Véro !
Bon, je signale à tous que Véro est une ami de Juliette (Voir le sujet lancer par Juliette et aussi bien développé sur La Bolivie : "L'eau et les élections en Bolivie". Elles étaient ensemble un bon moment en Bolivie. Et quand Juliette est rentré en France, Véro, elle, est resté en Bolivie. Je dis tout ça... C'est Juliette qui me l'a dit.
Le titre de ton sujet m'a immédiatement parlé. C'est d'ailleurs une phrase d'Evo Morales que j'ai retenu dans les vidéos que je présente.
Je remets donc ici le lien vers ces "Morceaux Choisis Vidéos" d'Evo Morales : PAGE EXTRAITS
Puis le lien vers le message présentant ces vidéos : "Evo Morales - Un Indien Président de Bolivie"
Tu dis :

Evo va t il reussir a recuperer les richesses de son peuple ???La tache parait ardue mais le nouveau president parait decide....

et

le peuple prend de plus en plus d´importance et avec l´election d´Evo les indigenes se sentent reconnus

Oui, les cartes ont totalement changé de main, et déjà çà s'est bien. Et le indigènes qui se sentent reconnu, çà c'est déjà bien. Evo est extrèmement décidé et il s'en donne les moyens, la preuve son cabinet et son gouvernement :
(d'après Radio-Canada.ca le 23/01/06)
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Rompant avec la tradition, il a exclu de son cabinet tous les habituels technocrates issus de l'élite pour nommer des leaders autochtones et des socialistes issus des mouvements populaires. Il a promis aussi de faire un grand ménage dans l'administration publique.
Il a nommé ministre de l'énergie "Andres Soliz Rada", avocat journaliste qui a défendu avec acharnement le droit des boliviens de disposer de leur manne gazière.   
Le nouveau ministre des Mines, Walter Villarroel, vient d'une coopérative minière.
Aux Affaires Etrangères, Evo Morales a nommé David Choquehanca, un intellectuel de la même ethnie que lui.
Le ministère de l'Eau a été remis à Abel Mamani, un des adversaires les plus virulents des compagnies privées qui gèrent l'eau potable du pays.
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D'ailleurs Véro, si tu veux reparler du problème de l'eau en Bolivie, vas-y ! Parce que, à l'époque, j'avais trop vite relancé Juliette plutôt vers les hydrocarbures et le gaz. Alors que depuis j'ai bien pu voir qu'il y avait ce problème crucial, en fait tout simplement vital.
Evo lui parle dans mes vidéos directement d'atteinte aux Droits de l'Homme.
Et, d'après mes renseignements, dans les dernières années, il y a eu une vrai "guerre de l'eau".
Bon, je me lance :
Je sais que cette guerre a fait rage en 2000, après un hausse catastrophique du prix de l'eau, et grâce à une extraordinaire mobilisation demandant la déprivatisations, la population a réussi à provoquer le départ fracassant de l'entreprise américaine Bechtel - "Aguas del Tunariqui" qui exploitait le filon.
Et puis c'est Suez - "Aguas del Illimani" qui a repris l'affaire. Et il y a exactement un an je crois, c'était explosif, et la population a finalement obtenu la fin de la concession de 30 ans de Suez par décret (janvier 2005).
(voir notamment l'article de mars 2005 sur ACME : Récapitulatif de l'affaire bolivienne)
C'est marrant mais Suez, entreprise commercial, se considèrait pourtant entrain de faire comme de l'humanitaire en Bolivie.
Mais je crois qu'internationalement la déprivatisation pose de vastes problèmes, car la Banque Mondiale et le FMI avaient à l'époque éxigé la privatisation de l'eau en Bolivie pour qu'elle puisse bénéficier de fonds.
[Pour la petite histoire, je voulais poser directement la question à Evo, et j'avais prévu de l'écrire dans le RER nous menant à sa rencontre, mais nous avions beaucoup de problèmes à régler avant cette conférence ! Pendant, oui, enfin je n'avais pas écrit ma question et je n'ai pas du tout l'habitude de parler en public, et puis surtout, pendant je n'y pensais plus du tout.]
Et tu dis aussi :

Potosi est une ville chargee d´histoire et symbolise parfaitement l´injustice si presente dans ce beau pays, au pied dúne des montagnes qui fut une des plus riches du monde et a permis lénrichissement dún bon nombre d´europeen, se trouve une des villes les plus pauvres d´Amerique latine.....

Voilà, j'ai vu çà : quand nous européen disont "C'est le Pérou !", cela est une référence directe aux mines d'argent de Potosi, le gisement le plus fabuleux de tous les temps, qui appartenait à l'époque à la vice-royauté du Pérou. Don Quichotte à un moment dit : "Ca vaut Potosi !", expression castillane qui exprime le top de la richesse.
Merci beaucoup pour ton "Super Billet Bolivien" et n'hésite pas une seconde pour continuer à nous faire part de tes impressions ou commentaires sur Evo et la Bolivie, pays qui semble de plus en plus être pour toi, en tout cas surement en ce moment, comme ton nouveau pays d'adoption.
A+
Pierito.
-----------------------------------------------------------------------------------------
P.S. : Des dossiers très complet et de très bons articles sur la Bolivie, l'eau, les hydrocarbures, la coca, Evo Morales sur le site de RISAL (Réseau d'Information & de Solidarité avec l'Amérique Latine) : RISAL-BOLIVIE


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#3 14-04-2006 02:30:43

Pierito
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Re: 2) Bolivie - "Ne pas mentir, ne pas voler et ne pas être feignant"

Bonjour,
Je vous propose ici encore 2 liens qui conduisent vers des infos Générales Historiques et Géographiques sur L'Amérique Latine et Ses Pays, aussi des Infos Pratiques Voyages et des Forums Dédiés :
Americas - Un Nouveau Monde
ABC LATINA
A+
smile
Pierito.


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#4 02-05-2006 02:54:50

Pierito
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Re: 2) Bolivie - "Ne pas mentir, ne pas voler et ne pas être feignant"

Bonjour,
J'essaie donc ici, en ce 2 mai, de faire un petit point sur l'action d'Evo Morales depuis son élection et la formation de son gouvernement.
Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas "chômé", et il a bien démarré tous les aspects de son programme.
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Je m'exprime aujourd'hui, parce qu'en "Une de toute la Presse Mondiale", Evo Morales a bien fait parlé de lui le 1 mai, en ordonnant à l'armée de prendre le contrôle des gisements de gaz du pays (56 gisements), en l'accompagnant d'un décret nationalisant tout le secteur gazier.
"Le temps est maintenant venu, ce jour attendu, ce jour historique, où la Bolivie reprend le contrôle absolu de ses ressources naturelles", a déclaré Evo Morales.
Evo Morales a ordonné aux compagnies étrangères de restituer immédiatement à l'Etat (à travers l'entreprise publique YPFB - "Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos") leurs champs d'hydrocarbures en Bolivie.
Les compagnies doivent signer de nouveaux contrats avec le gouvernement dans les 180 jours, pour pouvoir continuer à opérer dans le pays.
Ces contrats stipulent la nouvelle répartition des revenues pétroliers, soit une part de 82% pour l'Etat (au lieu d'un pourcentage tout justement inverse concernant la majorité des puits [il s'agit des plus important gisement], et un pourcentage actuel de 50% pour le reste des puits [les puits les moins important]).
Le vice-président bolivien Alvaro Garcia Linera, mentor économique d'Evo Morales : "Les firmes pétrolières vont continuer d'en profiter mais maintenant ce seront des gains normaux. Avant le décret, opérer en Bolivie c'était comme gagner à la loterie car les bénéfices tirés étaient abusifs"
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D'autres aspects.
Février :
- Evo Morales a lancé son projet d'Assemblée Constituante aux très larges pouvoirs destinée à "refonder" et "changer" la Bolivie, avec des élections prévu le 2 juillet (associé à un référendum sur l'autonomie régionale). Cette Assemblée entrera en fonction le 6 août à Sucre, capitale historique du pays.
- La Bolivie et les Etats-Unis ont scellé un pacte contre le traffic de drogue, tout cela dans une certaine confusion. En effet, les Etats-Unis avait décidé juste auparavant de réduire leur aide versée dans le cadre de la lutte anti-drogue (67 millions au lieu de 91 millions de dollars).
Cette diminution signifierait que Washington «n'est pas d'accord avec notre programme gouvernemental» qui fixe comme objectif «zéro cocaïne et zéro trafic de drogue», dixit Evo Morales.
Evo Morales a aussi exhorté les cultivateurs de coca à maintenir à une aire limitée à 1600 m2 leurs plantations familiales de coca pour contribuer à la lutte contre le traffic de drogue.
mars :
- Une vaste campagne d'alphabétisation a vu le jour en début de mois, avec l'objectif ambitieux d'éradiquer l'analphabétisme et l'illétrisme (13,3% en Bolivie) dans les 30 mois.
- Evo Morales a blamé la décision des Etats-Unis d'effacer la Bolivie de leur liste des partenaires anti-terroristes, suite au refus du transiger sur le désavoeu américain d'un commandant bolivien de la Force contre-terroriste. Evo Morales : «Nous rejetons le chantage, la menace et l'intimidation, nous n'acceptons pas le veto, aucun commandant ne sera remplacé à la demande des forces armées américaines.»
Les Etats-Unis ont déjà coupé 96% de leur aide militaire à la Bolivie, du fait que cette dernière ait refusé de signer un document garantissant l'immunité aux officiers de l'armée américaine au tribunal pénal international.
- 2 attentats ont été perpétré à La Paz le 22 mars fomanté notamment par un américain. Evo Morales a immédiatement déclaré: «Il est inadmissible que ce genre d'attentats se produise juste au moment où nous engageons une transformation, une révolution démocratique et culturelle pour vivre mieux.» Il a attribué cette action criminelle à des groupes oligarchiques et étrangers. «Le gouvernement des États-Unis prétend lutter contre le terrorisme et il nous envoie des citoyens américains faire du terrorisme en Bolivie», a-t-il affirmé à Santa Cruz.
avril :
- Pour mieux répartir les richesses, Evo Morales a réduit les budgets attribués à la province de Santa Cruz. L'assemblée de la région, plutôt autonomiste, a fait part de sa forte hostilité et a adressé un ultimatum en vue d'une grève générale dans la province.
- Conflit qu'en à l'attribution du permis d'exploitation de l'important gisement de fer et de magnésium d'El Muntun dans la région de Sant Cruz . Les habitants de Puerto Juarez, favorables à l'attribution du permis au Brésil, pensant à une meilleure mise en valeur économique, ont pris en otage pendant quelques heures le 18 avril trois ministres d'Evo Morales.
- Evo Morales, Hugo Chavez et Fidel Castro signe le Traité Commercial des Peuples le 29 avril, contrant le Traité de Libre Echange de Washington.
Evo Morales, qui a proposé ce traité, devient par la même occasion le troisième membre de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA), projet régional d'intégration économique et politique d'inspiration socialiste.
Evo Morales a aussi proposé de "refonder" la Communauté des Nations Andines (CAN) en la baptisant "Communauté Anti-impérialiste des Nations". En effet la CAN, composé du Pérou, de la Colombie, de l'Equateur, du Venezuela et de la Bolivie vit sous une certaine emprise et composante "Américaines" et "Néolibérale". Evo Morales pense ainsi aussi tout simplement à la quitter, et accuse le pérou et la Colombie d'avoir signé ce traité de libre-échange avec les Etats-Unis.
Bon, voilà.
A+
Pierito.


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#5 02-05-2006 06:32:54

Pierito
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Re: 2) Bolivie - "Ne pas mentir, ne pas voler et ne pas être feignant"

Je reproduis avec l'autorisation de LatinReporters.com un article traitant justement de l'accord de "Traité Commercial des Peuples" et aussi des futurs élections en Amérique Latine.
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Bolivie, Cuba et Venezuela unis par un "Traité commercial des peuples" (TCP)
Chavez, alliance bolivarienne et élections en Amérique latine
par Christian Galloy
Analyste politique
Directeur de LatinReporters.com
MADRID, lundi 1er mai 2006 (LatinReporters.com) - Renforcée par un "Traité commercial des peuples" (TCP) conclu samedi à La Havane avec la Bolivie, l'alliance "bolivarienne" contre "l'impérialisme américain" promue par les présidents du Venezuela, Hugo Chavez, et de Cuba, Fidel Castro, veut attirer d'autres pays à la faveur d'élections présidentielles en Amérique latine. Pérou, Colombie, Mexique, Equateur et Nicaragua sont en ligne de mire.
Le sommet "révolutionnaire" qui réunissait dans la capitale cubaine les présidents Chavez, Castro et leur homologue bolivien, l'Amérindien Evo Morales, a débouché sur l'incorporation formelle de la Bolivie à l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) lancée par Hugo Chavez.
Se réclamant du libertador vénézuélien Simon Bolivar, héros au 19e siècle de l'indépendance sud-américaine, le président Chavez oppose l'ALBA à l'ALCA, appellation espagnole de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) que le président américain George W. Bush voudrait instaurer de l'Alaska à la Terre de Feu. Les revenus pétroliers du Venezuela, 4e exportateur mondial de brut, crédibilisent Hugo Chavez.
Signé samedi à La Havane, un accord tripartite (texte intégral en espagnol) se réclamant à la fois de l'ALBA et d'un "Traité commercial des peuples" (concept non codifié apporté par Evo Morales) articule les relations économiques entre Cuba, le Venezuela et la Bolivie.
Pétrole vénézuélien à prix préférentiel, assistance cubaine dans les secteurs de la santé et de l'éducation et contribution de la Bolivie à "la sécurité énergétique de nos pays avec sa production excédentaire d'hydrocarbures" seront les piliers des relations triangulaires La Paz-Caracas-La Havane. Avantages douaniers et investissements libres d'impôts sur les bénéfices sont également prévus.
Le Venezuela s'engage "à promouvoir une ample collaboration dans le secteur énergétique et minier" bolivien. Possédant les plus importantes réserves de gaz naturel d'Amérique du Sud après celles du Venezuela, la Bolivie les intègre de fait dans la vision bolivarienne avant même d'avoir redéfini ses relations avec les multinationales.
La brésilienne Petrobras, l'hispano-argentine Repsol-YPF, la française Total, l'américaine Exxon Mobil, British Gas et une vingtaine d'autres sociétés ont gelé ou freiné depuis décembre leurs investissements en Bolivie dans l'attente des modalités de la nationalisation des hydrocarbures promise par Evo Morales. La signature imminente du décret de nationalisation par le président Morales au cours de la journée du 1er mai, choisie pour être la fête du travail, était annoncée de manière inattendue vers midi par l'Agence bolivienne d'information (ABI).
L'adhésion de la Bolivie à l'ALBA et l'idée de "Traité commercial des peuples" jouissent d'un fort impact médiatique au moment où Hugo Chavez ébranle la plus vieille assise d'une éventuelle unité sud-américaine. Le président Chavez annonçait en effet le 19 avril le retrait du Venezuela de la Communauté andine de nations (CAN), plongeant dans la crise cet ensemble de 120 millions d'habitants et cinq pays (Venezuela, Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie) qui assurent le tiers du commerce sud-américain.
Hugo Chavez justifiait sa décision par les coups mortels qu'auraient portés à la CAN les accords de libre-échange avec les Etats-Unis signés, mais non encore ratifiés, par le Pérou et la Colombie. (L'Equateur tente à son tour de finaliser un accord semblable avec Washington).
Succession d'élections présidentielles
Opposer la notion de "Traité commercial des peuples" aux accords de libre-échange avec l'administration nord-américaine, au plus bas de sa popularité en Amérique latine, permet à Hugo Chavez et à ses alliés de situer l'ALBA bolivarienne au centre du débat politique d'une région animée par une succession d'élections présidentielles.
En Colombie, le président conservateur Alvaro Uribe tentera le 28 mai de se succéder à lui-même. La montée dans les sondages de Carlos Gaviria, candidat de gauche du PDA (Pôle Démocratique Alternatif), hostile à la ratification de l'accord de libre-échange avec les Etats-Unis, pourrait empêcher M. Uribe de réunir la majorité absolue dès le premier tour.
Au Pérou, probablement aussi le 28 mai, un allié d'Hugo Chavez et d'Evo Morales, l'ex-officier nationaliste Ollanta Humala, affrontera au second tour de la présidentielle le social-démocrate Alan Garcia. L'appui explicite d'Hugo Chavez à Ollanta Humala et les insultes échangées entre MM. Garcia et Chavez provoquent une crise diplomatique entre Lima et Caracas. En cas de victoire à la présidentielle, Ollanta Humala mettrait vraisemblablement au frigo l'accord de libre-échange avec Washington.
Le second tour de l'élection présidentielle péruvienne sera un combat inédit entre les deux gauches qui dominent actuellement l'Amérique du Sud. A savoir, selon Alan Garcia, la gauche "castriste" et "chaviste" incarnée par Ollanta Humala, contre la gauche "démocrate-sociale" que représenteraient le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva, l'Uruguay de Tabaré Vazquez, l'Argentine de Nestor Kirchner et le Chili de Michelle Bachelet.
Au Mexique, qui ira aux urnes le 2 juillet, Hugo Chavez soutient Andrés Manuel Lopez Obrador, candidat du Parti de la Révolution Démocratique (PRD, gauche). Mais ce dernier, longtemps favori, est désormais devancé dans les sondages par le conservateur Felipe Calderon, candidat du Parti de l'Action Nationale (PAN) du président Vicente Fox. Depuis janvier 1994, l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) lie le Mexique aux Etats-Unis et au Canada.
En Equateur, on votera le 15 octobre. Précandidat à la présidentielle, l'ex-ministre de l'Economie Rafael Correa, très critique des Etats-Unis, négocie avec les communautés amérindiennes une alliance qu'applaudirait Hugo Chavez. Le ministre bolivien des Finances, Luis Arce, a exprimé au journal équatorien El Comercio son "espoir d'un changement de gouvernement au Pérou et en Equateur" qui pourrait ranimer la CAN.
Présent samedi à La Havane aux côtés de MM. Castro, Chavez et Morales, l'ex-président sandiniste Daniel Ortega a promis de rallier l'ALBA s'il gagnait, le 5 novembre, l'élection présidentielle au Nicaragua.
Le 29 octobre, Luiz Inacio Lula da Silva briguera sans doute un second mandat présidentiel au Brésil. Une ingérence ouverte peu probable dans la politique intérieure du géant sud-américain ne servirait sans doute pas les intérêts d'Hugo Chavez, qui sollicitera, lui, sa réélection le 3 décembre.
Mais le souhait d'Hugo Chavez de "restructurer à fond" le Mercosur (marché commun sud-américain créé par le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay), auquel le Venezuela adhère progressivement en promettant de financer un gazoduc quasi continental, pourrait attiser à moyen terme les frictions entre "les deux gauches" dont parlait le social-démocrate péruvien Alan Garcia.


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#6 03-05-2006 23:48:30

Pierito
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Re: 2) Bolivie - "Ne pas mentir, ne pas voler et ne pas être feignant"

Bonjour,
Tout d'abord, un lien vers le Texte du Décret de Nationalisation des Hydrocarbures (en Espagnol).
Ensuite, je reproduis un 2ème article de LatinReporters.com, celui-ci concernant justement la "Nationalisation de ces Hydrocarbures en Bolivie" :
Nationalisation en Bolivie: "l'impérialiste" est le Brésil, non les Etats-Unis
BRASILIA, mercredi 3 mai 2006 (LatinReporters.com) - Effervescence à Brasilia. Sérénité à Washington. La nationalisation des hydrocarbures en Bolivie, décrétée le 1er mai par le président Evo Morales, icône amérindienne de la lutte contre "l'impérialisme américain", n'a pas ému les Etats-Unis. Par contre, le Brésil du président Lula, autre icône de la gauche latino-américaine, est commotionné.
Petrobras, géant public brésilien des hydrocarbures, voit ses installations en Bolivie militarisées comme celles des autres multinationales. "Un geste inamical" estime le ministre brésilien de l'Energie, Silas Rondeau, d'autant plus que Lula avait appuyé la campagne qui déboucha, le 18 décembre dernier, sur l'élection triomphale d'Evo Morales.
Comme l'hispano-argentine Repsol-YPF, la française Total, la britannique British Gas ou encore, parmi d'autres, l'américaine Enron-Shell, Petrobras a 180 jours pour signer de nouveaux contrats donnant la primauté aux pouvoirs publics de la Bolivie, sous peine de ne plus pouvoir opérer dans ce pays andin.
Premier investisseur étranger, à raison d'un milliard et demi de dollars au cours de la dernière décennie, Petrobras contrôle en Bolivie 46% des réserves de gaz naturel, les plus importantes d'Amérique du Sud après celles du Venezuela.
Militarisées comme les champs d'hydrocarbures, les deux raffineries que possède le colosse brésilien dans le pays d'Evo Morales traitent en moyenne 40.000 barils de pétrole brut par jour, couvrant ainsi 100% de la consommation bolivienne d'essence et de kérosène (carburant pour avions), ainsi que 60% de la demande de gazole. Une centaine des 400 stations-service boliviennes appartiennent à Petrobras.
La société publique brésilienne assure à la Bolivie le quart de ses revenus fiscaux et 18% de son produit intérieur brut. Près de 60% du gaz naturel consommé au Brésil vient de Bolivie, dans un gazoduc de 3.200 km géré lui aussi par Petrobras.
Dans la foulée du géant brésilien, l'hispano-argentine Repsol-YPF, dominée par des capitaux espagnols, a investi en Bolivie un milliard d'euros et y contrôle 27,5% de la production de gaz. Aucune autre multinationale n'y joue un rôle aussi stratégique que celui de Petrobras et Repsol-YPF.
Autour de l'Altiplano, les "impérialistes" ne sont donc plus les Yankees, mais des sociétés de pays socialistes (ou sociaux-démocrates) tels que le Brésil et l'Espagne. Pourtant, à La Paz et dans d'autres capitales, même européennes, quelques discours et commentaires saluent la nationalisation comme une victoire sur "l'impérialisme américain". Dérapage populiste du politiquement correct?
Premier pays européen à recevoir, en janvier dernier, Evo Morales fraîchement élu, l'Espagne du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero (autre icône de l'antiaméricanisme depuis le retrait militaire espagnol d'Irak) effaçait alors plus de 100 millions de dollars de la dette bilatérale bolivienne. Aujourd'hui, le ministre espagnol des Affaires extérieures, Miguel Angel Moratinos, prévient le chargé d'affaires de l'ambassade de Bolivie que la nationalisation non concertée des hydrocarbures risque d'avoir "des conséquences" sur les relations entre les deux pays.
En Amérique du Sud, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva va se réunir avec ses homologues argentin, Nestor Kirchner, vénézuélien, Hugo Chavez, et surtout bolivien, Evo Morales, pour y débattre des problèmes énergétiques régionaux après la nationalisation décrétée à La Paz.
Hugo Chavez a révélé avoir téléphoné à Lula et à l'Espagnol Zapatero pour les tranquilliser, leur disant qu'Evo Morales "est un homme de dialogue" capable de concilier ses intérêts nationaux avec ceux d'investisseurs bien intentionnés.
Il n'empêche qu'une fracture est désormais visible entre les deux gauches latino-américaines, d'une part la "bolivarienne" d'Hugo Chavez, Evo Morales et Fidel Castro et, d'autre part, la sociale-démocrate qui croit au marché, incarnée de fait au Brésil par Lula, en Uruguay par Tabaré Vazquez, au Chili par Michelle Bachelet et avec des nuances en Argentine par Nestor Kirchner.
En outre, une lutte non déclarée pour le leadership latino-américain oppose ou opposera nécessairement le vénézuélien Hugo Chavez, appuyé sur l'idéologie et les pétrodollars, au président du Brésil, Lula ou tout autre, ce pays aspirant depuis des décennies à assumer le rôle continental auquel le prédestine son ampleur géographique et démographique.
Fin mai ou début juin, le second tour de la présidentielle au Pérou sera le premier véritable duel électoral entre les deux gauches latino-américaines. Face au tenant de l'Internationale socialiste, le social-démocrate et ex-président Alan Garcia, l'ex-militaire Ollanta Humala est soutenu par Hugo Chavez et Evo Morales. Son éventuelle victoire déboucherait probablement aussi sur une nationalisation de ressources énergétiques.
Le gaz péruvien de Camisea serait alors dans le collimateur et avec lui à nouveau les Espagnols de Repsol-YPF, ainsi que les Américains de Hunt Oil et les Franco-Belges de Suez-Tractebel .
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Pierito.


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#7 05-05-2006 19:35:21

Pierito
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Re: 2) Bolivie - "Ne pas mentir, ne pas voler et ne pas être feignant"

A peine 3 jours après la nationalisation des hydrocarbure en Bolivie, le sommet des chefs d'Etats, un article de LatinReporters.com :
Puerto Iguazu: sommet sur la nationalisation des hydrocarbures en Bolivie
Bolivie-Brésil-Argentine-Venezuela: prix du gaz à négocier, nationalisation acceptée
http://www.ailleurprod.com/imautre/PuertoIguazu.jpg
de gauche à droite : Nestor Kirchner (Argentine), Evo Morales (Bolivie), Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil) et Hugo Chavez (Venezuela), le 4 mai 2006 à Puerto Iguazu. Photo Presidencia de la Nación Argentina.
LA PAZ / PUERTO IGUAZU, vendredi 5 mai 2006 (LatinReporters.com) - Livraisons de gaz bolivien garanties, renégociation du prix, aval politique à la nationalisation des hydrocarbures décrétée le 1er mai en Bolivie, invitée à participer au mégaprojet de gazoduc sud-américain: c'est le bilan du sommet qui a réuni à Puerto Iguazu les présidents Evo Morales (Bolivie), Nestor Kirchner (Argentine), Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil) et Hugo Chavez (Venezuela).
"Les livraisons de gaz [bolivien] sont assurées... Les prix seront négociés démocratiquement" déclarait avec satisfaction le Brésilien Lula à l'issue de ce sommet organisé jeudi à sa demande par Nestor Kirchner dans la ville argentine de Puerto Iguazu, frontalière du Brésil. La réunion des quatre chefs d'Etat semble avoir apaisé politiquement les tensions surgies de la nationalisation des hydrocarbures décrétée à La Paz par Evo Morales.
Les présidents Kirchner et Lula -Hugo Chavez, lui, était convaincu d'avance- ont admis que la nationalisation était un acte souverain et légitime de la Bolivie dans sa lutte contre la pauvreté.
La nationalisation bolivienne a frappé de plein fouet la société publique brésilienne Petrobras, qui contrôle 47,3% des réserves boliviennes de gaz, les plus importantes d'Amérique du Sud après celles du Venezuela. Plus de 50% du gaz naturel consommé au Brésil vient de Bolivie, dans un gazoduc que gère Petrobras et par lequel transitent chaque jour 30 millions de mètres cubes.
L'Argentine est en importance le deuxième acheteur régional de gaz bolivien, dont elle importe de 3 à 4 millions de mètres cubes quotidiens.
Quant au Venezuela, son président Hugo Chavez, qui a rallié le Bolivien Evo Morales à sa vision "anti-impérialiste" et farouchement antiaméricaine de l'intégration régionale, son opulence en hydrocarbures -pétrole et gaz- en fait un acteur obligé de concertations sur les problèmes énergétiques. M. Chavez est le promoteur d'un mégaprojet de gazoduc qui relierait sur près de 10.000 km le Venezuela à l'Argentine, traversant le Brésil et desservant par des bretelles adjacentes d'autres pays d'Amérique du Sud.
"Alliance continentale" selon le président brésilien Lula
A Puerto Iguazu, la Bolivie a été formellement invitée par les trois autres pays participant au sommet à s'intégrer dans ce réseau énergétique sud-américain. En dépit de multiples incertitudes techniques, économiques et écologiques, les premiers travaux du gigantesque gazoduc sont annoncés pour 2007. Son installation se poursuivrait jusqu'en 2017, au prix peut-être sous-évalué de 20 milliards de dollars. Les observateurs notent que l'intégration énergétique, basée alors sur le charbon et l'acier, fut après la seconde guerre mondiale le creuset de l'Union européenne.
Selon le président brésilien Lula, "ni le Brésil ni l'Argentine ni le Venezuela ni la Bolivie ne recherchent l'hégémonie. Ils veulent être des associés. Nous construirons une alliance continentale et c'est ainsi que nous allons nous présenter au monde lors de la prochaine réunion du 12 mai à Vienne". [NDLR; le IVe Sommet Union européenne-Amérique latine et Caraïbes se tiendra du 11 au 13 mai dans la capitale autrichienne].
Les présidents Morales et Chavez étaient arrivés dans le même avion à Puerto Iguazu, après avoir conclu à La Paz une alliance stratégique de leurs sociétés publiques d'hydrocarbures, Petroleos de Venezuela SA (PDVSA) et Yacimientos Petroliferos Fiscales Bolivianos (YPFB). Cette alliance prévoit notamment l'assistance d'experts vénézuéliens, qui pourraient maintenir la production bolivienne d'hydrocarbures en cas, peu probable, de boycott de l'activité par les multinationales nationalisées. Des assesseurs vénézuéliens formaient déjà des travailleurs et cadres d'YPFB en janvier dernier.
La déclaration finale du sommet d'Iguazu parle, en référence notamment au prix du gaz que la Bolivie veut relever, de prochains "dialogues bilatéraux pour résoudre les questions en suspens". La Paz maintiendra ces dialogues avec Brasilia et Buenos Aires.
Toutefois, Petrobras, qui a annoncé l'abandon d'importants investissements prévus en Bolivie, s'était prononcée, par la voix de son président, José Sergio Gabrielli, contre toute modification des prix. Il semble que l'apaisement du climat politique n'ait pas encore gagné les milieux économiques. Cette observation s'applique aussi aux réticences de l'hispano-argentine Repsol-YPF. Dominée par des capitaux espagnols, cette société est le plus important investisseur dans les hydrocarbures boliviens après Petrobras.
Au sommet Europe-Amérique latine de Vienne, le président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, entend s'inquiéter auprès d'Evo Morales de l'avenir des investissements espagnols en Bolivie. Des émissaires du gouvernement de Madrid en débattent actuellement à La Paz.
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#8 20-05-2006 19:43:06

Pierito
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Re: 2) Bolivie - "Ne pas mentir, ne pas voler et ne pas être feignant"

Bonjour,
Un petit lien vers un article du Monde Diplomatique concernant la nationalisation des hydrocarbures :
Le « coup d’éclat » du président bolivien
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Le lien qui continue, sur ce "Forum Ailleur", le sujet sur Evo Morales et la Bolivie :
"Evo Morales a été invité à Paris le 14 mai par Danielle Mitterrand !"
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